Ce qu’il faut savoir sur l’abergement de cheminée
- Le zinc d’un solin descend à 0,65 mm d’épaisseur minimale, le cuivre à 0,50 mm, l’inox à 0,40 mm.
- La Fédération française du bâtiment classe l’abergement de souche parmi les abergements discontinus (fiche du 30 mai 2022).
- La couverture en zinc relève du DTU 40.41, référence NF P34-211-1 de septembre 2004.
- La garantie décennale court 10 ans à compter de la réception des travaux.
4 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 22 octobre 2026
Une bande qui épouse la souche
Le métal remonte le long du conduit et s’emboîte sous les tuiles voisines. L’eau suit la pente au lieu d’entrer.
Un recours pendant 10 ans
Un couvreur assuré engage sa décennale. Si tu poses toi-même, tu paies seul la réparation.
Un abergement de cheminée ferme la jonction entre la souche et la couverture avec une bande métallique, en zinc de 0,65 mm d’épaisseur minimale. Elle suit le pied du conduit et se glisse sous chaque rang de tuiles ou d’ardoises. Je regarde ce point avant même les tuiles : la maçonnerie et la toiture ne bougent pas au même rythme, et c’est là que l’eau trouve son chemin.
Que fait l’abergement quand la pluie tape sur la souche ?
Il guide l’eau autour du conduit au lieu de la laisser filer dans la jonction. La Fédération française du bâtiment le range parmi les abergements discontinus, comme la jouée de lucarne (fiche du 30 mai 2022), alors qu’un mur reçoit un solin continu. Ta souche travaille avec les saisons, le zinc aussi, et l’abergement encaisse cet écart.

Quand il lâche, l’eau longe le conduit et ressort au plafond du dernier niveau, parfois à un mètre de la vraie fuite. Tu cherches au mauvais endroit, tu rebouches le plafond, et la tache revient au premier orage. Pense aussi à tes chéneaux et gouttières : un chéneau saturé renvoie l’eau droit sur la souche.
Zinc, cuivre ou plomb : quelle épaisseur exiges-tu ?
Je choisis le zinc pour une toiture en tuiles ou en ardoises, parce qu’il se plie à froid et suit les dilatations. Le plomb se façonne facilement mais flue sur une forte pente : je l’écarte, sauf pour restaurer un bâti ancien. Le cuivre coûte cher et ne se justifie que sur une couverture assortie. Les bandes de solin relèvent de la norme NF P 34-402, et la FFB fixe ces minimums :
- le zinc descend à 0,65 mm ;
- le cuivre (NF EN 1172) tolère 0,50 mm ;
- l’acier inoxydable (NF EN 502) se contente de 0,40 mm ;
- le plomb obéit à la norme NF EN 12588.

Le support compte autant que la bande, et c’est le point que tout le monde saute. Un lattis en bois sain retient les pattes de fixation, un bois pourri les lâche. Écarte le mastic silicone en rattrapage : il se fend en deux hivers sur une jonction qui bouge. Vérifie aussi que la bande se pose libre sur les tuiles voisines. Clouée en pleine face, elle ne suit plus la dilatation et casse au premier gel. Je préfère une pose à plis souples et des pattes de fixation espacées, même si l’œil y gagne moins de netteté.
Comment repérer un abergement qui fuit ?
Cherche d’abord une auréole brune autour du conduit, au plafond, puis passe la main sur la cloison voisine : un plâtre froid et mou signale une humidité ancienne. Observe aussi la souche : un joint de mortier qui s’effrite, une brique qui s’effeuille ou un enduit qui cloque annoncent une eau qui entre par le haut. Monte ensuite au grenier : un bois de chevêtre noirci ou une laine de verre tassée trahit l’infiltration. Des traces blanches sur le conduit ressemblent au salpêtre sur un mur intérieur, et elles disent la même chose : l’humidité migre. Dehors, un zinc soulevé ou une soudure craquelée suffit à confirmer.
⚠️ Un cordon de mastic sur la jonction masque la fuite quelques mois, puis l’eau s’installe dans le chevêtre.
Contrôle ton abergement de cheminée après chaque tempête. Profite aussi du ramonage au moins une fois tous les 12 mois, exigé par le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 : demande au ramoneur de jeter un œil à la bande.

Qui pose l’abergement : toi ou un couvreur ?
Je te le dis franchement : pour un abergement de cheminée, appelle un couvreur. Le chantier se fait en hauteur, avec des tuiles à déposer puis à reposer rang par rang. Le DTU 40.41, partie 1 (référence NF P34-211-1, septembre 2004), cadre la couverture en zinc, et l’AFNOR le classe toujours en vigueur.
La garantie décennale couvre pendant 10 ans à compter de la réception les dommages qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination, selon Service-Public (page vérifiée en avril 2026). Elle doit exister avant le démarrage des travaux : demande l’attestation d’assurance avant de signer le devis.
Sources
- AFNORDTU 40.41 : couverture en zinc, NF P34-211-1 (2004)
- Service-PublicGarantie décennale des constructeurs
- Ministère de la Transition écologiqueAssurance construction

